Османско владичество

Манастири и манастирска мрежа в Кюстендилския санджак през XV - XVII в.

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LES MONASTÈRES ET LE RÉSEAU MONASTIQUE

DANS LE SANCAK DE KUSTENDIL AUX

XVe-XVIIe SIÈCLES

 

(Résumé)

 

Le présent ouvrage aborde le problème des monastères et du réseau monastique du sancak de Kustendil du XVe au XVIIe siècle. L'étude s'étend à une région relativement restreinte, qui n'en est pas moins bien documentée dans les sources historiques. Il existe en effet un nombre considérable d'ouvrages scientifiques consacrés au sancak de Kustendil, qui examinent des problèmes de la structure administrative et paroissiale, sans pour autant analyser en détails la question des monastères dans la région. L'auteur du présent ouvrage se propose de compléter les études antérieures. Ce livre pourrait bien servir de modèle aux chercheurs qui s'intéressent au fonctionnement du réseau monastique dans d'autres unités administratives de l'Empire Ottoman.

La première partie du livre est consacrée aux changements qui interviennent au niveau de la structure administrative, de l'organisation paroissiale et du ré-seau monastique dans le sancak de Kustendil aux XVe-XVIIe siècles. Au XVe et au XVIe siècle, le sancak occupe l'ancien territoire de la Principauté médiévale des Dragasi. Au XVIIe siècle, le sancak de Kustendil se trouve dépossédé de la nahiye de Nagoric, qui est annexée au sancak de Skopje. D'un autre côté, la nahiye de Vélès, qui faisait partie du sancak du Pacha, se trouve annexée à la région administrative que nous sommes en train d'examiner.

Du XVe au XVIIe siècle, pour des périodes différentes, le territoire du sancak de Kustendil est divisé entre les diocèces des trois Églises autocéphales des Balkans: l'Archevêché d'Ohrid, le Patriarcat (Archevêché) de Pec et le Patriarcat de Constantinople. L'auteur s'arrête plus en détails sur la juridiction ecclésiastique des différentes régions du sancak de Kustendil. Dans cette inten-tion, chaque unité administrative à été située dans l'éparchie correspondante, notamment : métropolie ou évêché.

Les recherches ont montré que les frontières des unités administratives du sancak de Kustendil et les frontières des différentes éparchies ne corres-pondaient guère. Sur le plan administratif, nous sommes en présence d'un morcellement des diverses régions, alors que sur le plan paroissial, c'est le contraire : on assiste à la consolidation des éparchies.

L'étude a examiné en détails l'état et les changements intervenus au niveau du réseau et de l'administration monastiques, voire de la vie littéraire dans les monastères du sancak de Kustendil du XVe au XVIIe siècle. Pendant la seconde moitié du XVe siècle, on assiste à la rénovation des monastères médiévaux, qui deviennent peu à peu des centres de la vie littéraire et spirituelle de la région.

Les sources de références qui reflètent l'état du réseau monastique dans le sancak sont particulièrement abondantes au XVIe siècle. Les deux regis¬tres ottomans de 1519 et de 1570/73 révèlent la présence de monastères sur le territoire du sancak de Kustendil, qui n'ont pas été attestés dans d'autres sources historiques. La majorité de ces monastères avaient de faibles revenus et n'étaient pas entretenus par des congrégations monacales. C'était plutôt la population locale qui s'en chargeait. En cette période, l'activité économique et littéraire était concentrée surtout dans les grands et riches monastères, bien connus à l'époque médiévale.

A la fin du XVIe et au début du XVIIe siècle, de nouveaux monastères font leur apparition, comme le monastère de Karpino, le monastère de «St. Jean Baptiste» aux environs du village de Vetar et plusieurs autres, ce qui n' empêche pas la réduction considérable des couvents en cette période. La modification du réseau monastique au XVIIe siècle est dû à plusieurs facteurs. D'une part, les moines préféraient s'établir dans des monastères plus grands et plus riches, laissant le soin des petits couvents à la bonne volonté de la population locale. Avec le temps, les habitants d'une localité donnée avaient fini par inclure le patrimoine monastique dans leur propre terroir, ce qui a abouti à la désaffectation de certains édifices monastiques.

D'un autre côté, les cataclysmes naturels ont été probablement à l'origine de la disparition d'une partie des monastères. Ainsi, à la fin du XVIe siècle, a été attesté un violent séisme, qui a probablement détruit une partie des couvents. Cette hypothèse est basée d'une part sur les renseignements écrits à propos du monastère de «St. Joachim d'Ossogovo», dévasté par le tremblement de terre de 1585 et d'autre part, sur les fouilles archéologiques effectuées ces dernières années à Melnik, qui attestent qu'une partie des églises et des monastères dans la région ont été détruites à la fin du XVIe siècle à la suite d'un tremblement de terre.

En troisième lieu, il ne faut pas perdre de vue le fait historique relatif à l'insurrection de Karpos qui a éclaté dans la région à la fin du XVIIe siècle. Elle a été écrasée par les autorités ottomanes qui, en guise de représailles, ont détruit ou transformé en mosquées plusieurs temples chrétiens.

Les principales conclusions concernat la structure et le dynamisme du réseau monastique dans le sancak de Kustendil aux XVe-XVIIe siècles sont les suivantes:

1) Pendant la période examinée, une partie assez réduite des monastères du sancak de Kustendil parviennent à préserver leurs fonctions de centres économiques, littéraires et spirituels de la population chrétienne. Il s'agit avant tout des anciens monastères médiévaux, à savoir: les monastères de Rila, d'Ossogovo, de Lesnovo, de Psin. Les moines y effectuaient toutes sortes d'activités: la copie de livres, la création de bibliothèques bien garnies, sans compter l'afflux de pèlerins de toutes les régions balkaniques. Les congrégations monacales de ces couvents entretenaient des relations avec les monastères athonites et avec la Russie, dont elles recevaient, outre une assistance pécuniaire, des donations sous forme de livres et de vases liturgiques.

2) La présence d'un grand nombre de petits monastères dans le sancak de Kustendil contribuait à alimenter la foi de la population, malgré l'absence de congrégations monacales et d'offices religieux. Ils jouaient plutôt le rôle d'unificateur spirituel de la population chrétienne, qui se réunissait les jours de fête dans la cour du monastère, sans assister à la célébration de l'office divin.

Il importe de noter à la fin que, malgré le rôle considérable des petits couvents, ce sont les grands monastères qui ont contribué à la sauvegarde des traditions culturelles héritées du Moyen âge, qui sont devenus les centres de la vie culturelle dans la région pour une importante période.

La deuxième partie du livre se présente sous la forme d'un catalogue des monastères du sancak de Kustendil. Il décrit cent vingt-quatre monastères, attestés par les sources écrites de l'époque de la domination ottomane. La présence d'une partie d'entre eux est fidèlement reflétée dans les documents historiques, alors que les autres sont localisés grâce à des renseignements de caractère archéologique ou ethnographique.

Le catalogue renferme plusieurs rubrique: Situation géographique; Références historiques; Architecture; Art; Littérature; Liste des higoumènes.

Le catalogue a pour but d'examiner différents aspects de l'histoire de chacun des monastères. Il permet de se faire une idée intégrale du réseau monastique dans le sancak de Kustendil pendant les premiers siècles de la domination ottomane.